The Carlington Summit
by Monique Hunton.

«C'est dans l' temps du Jour de l'An, que l'on chante et qu'on s'embrasse; c'est le bon temps d'en profiter, ça arrive rien qu'une fois par année!»

Voici la chanson qui me revient continuellement à l'esprit à ce temps-ci de l'année lorsque je songe aux doux souvenirs des fêtes chez mes grands-parents sur la rue Chatelain à Bellevue (Carlington).

Dans certaines familles, on fêtait Noël à un réveillon après la messe de minuit – Noël c'était surtout une fête religieuse. Mais le Jour de l'An, chez mes grands-parents, ça c'était toute une autre histoire.

Mon grand-père, le fils aîné d'une grosse famille canadienne-française, préservait fidèlement la coutume de ses ancêtres au Jour de l'An – la rencontre de toute la famille! Il installait de longues tables tout le long du salon/de la salle à dîner et grand-mère préparait les tourtières, le ragoût, les tartes, etc. Le Jour de l'An arrivé, c'était « porte ouverte » à toute la famille. Ce n'était pas seulement la famille immédiate. Les oncles et tantes, cousins et cousines, accompagnés quelquefois de leur « visite » arrêtaient chez Jos et Diana pour souhaiter la bonne année à tout le monde et prendre « un petit coup » à leur santé. La plupart du temps, on réussissait à les garder à souper. « Reste-donc et chante-nous ta chanson! » Il y avait plusieurs « tablées » - un groupe s'asseyait, mangeait, buvait, chantait et donnait ensuite sa place à un autre groupe. Les femmes se rassemblaient pour desservir et servir à nouveau les tables, laver, essuyer et ranger la vaisselle. Mais avant tout, il y avait le moment solennel où mon grand-père, selon la coutume établie, chantait la première chanson à répondre : « Mais savez-vous pourquoi mes amis, nous sommes ici tous réunis? C'est le premier d'janvier – que nous avons une fête. Répétons tous ensembles, Vive notre père, Vive notre mère… »

Plus tard dans la veillée, la famille s'agenouillait pour recevoir la bénédiction paternelle du Jour de l'An.

En 1961, lorsque j'étais enceinte de mon premier enfant, le premier petit-enfant de mes parents, mon grand-père est décédé. Ça m'a fait mal au coeur de réaliser que mes enfants ne connaîtraient ni mon grand-père ni cette belle coutume du Jour de l'An. Je n'avais rien à craindre par rapport à la tradition. Mes parents ont toujours continuer à nous rassembler tous les Jours de l'An et maintenant c'est ma soeur aînée qui, accompagnée de mes parents, entâme à coeur joie, au nom de mon grand-père et de tous nos ancêtres, le refrain « Mais savez-vous pourquoi mes amis… » et nous répondons tous ensembles, les enfants, petits et arrières petits-enfants, « Vive notre père, vive notre mère.. » Au moment approprié au cours de la veillée, on s'agenouille et mon père nous donne la bénédiction familiale. Alors la coutume du Jour de l'An se répète parmi les nouvelles générations et même si les plus jeunes n'en comprennent peut-être pas la raison d'être, un jour ils raconteront probablement à leurs petits-enfants des histoires du Jour de l'An dans le bon vieux temps.

Joyeux Noël et bonne et heureuse année tout le monde!